Ubutopik

Des histoires qui se vivent

Catégorie dans Jeunesse

L’étrange Hôtel de Secrets’ Hill (Kate Milford), éd. Rageot

« Le décor : la Villa de Verre, un immense hôtel sans âge, perché en haut d’une colline.
Signes particuliers :  des secrets et des mystères  derrière chaque porte.
Les personnages : les propriétaires et leur fils adoptif Milo ; leurs amies Mrs Caraway, Lizzie et Meddy ; et, bien sûr, les clients de l’hôtel…
Signes particuliers : cinq clients arrivés à l’improviste, tantôt inquiétants, tantôt ridicules, qui cachent les raisons de leur séjour dans ce lieu isolé et jouent tous un double jeu.
Les faits : une carte au trésor indéchiffrable, une petite fille au caractère bien trempé, un héros en quête d’identité, des objets qui disparaissent, un huis clos enneigé, des récits étonnants, du chocolat chaud et des marshmallows. »

Un roman riche et créatif qui foisonne de détails. L’ambiance est là, l’enquête est bien menée et les personnages sont magistralement décrits… Le huis clos et le mystère qui entoure les clients de l’hôtel vont avoir une double fonction : démêler l’intrigue qui de la maison mais surtout révéler les héros. Des thèmes comme l’adoption et l’amour sont distillés tout au long de l’histoire avec beaucoup de justesse. L’auteure parle aussi de jeux de rôles dans son récit et la démarche n’est pour une fois pas caricaturale. Un livre qu’on a du mal à lâcher tant il est agréable d’arpenter les pièces de ce manoir hors norme. Il s’adresse toutefois à de très bons lecteurs : l’écriture est fluide mais il fait quand même un peu plus de 500 pages.

Roman paru en 2016.

À partir de 10 ans.

Note : 5 / 5

Y a pas de héros dans ma famille ! (Jo WITEK), éd. Actes Sud Junior

« Avant, Maurice Dambek et Mo s’entendaient super bien. Avant, j’étais heureux, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. A l’école : on se tient bien, on parle comme dans les livres, on entend une mouche voler et il ne faut jamais oublier les « Merci » et les « S’il vous plaît ». A la maison : ça parle fort, ça hurle du dedans et du dehors, ça dit des gros mots. Mais voilà, Hippolyte Castant s’est pointé et tout s’est effondré. Tout à coup, mes deux vies ne se sont plus mélangées. Mo et Maurice Dambek ne pouvaient plus se saquer. Et vu que les deux c’est moi, c’était horrible. A l’occasion d’un exposé pour l’école, Mo change brutalement de regard sur sa famille loufoque : pas un seul héros ? Vraiment que des zéros ? »

Un roman juste et vibrant qui aborde les différences sociales avec intelligence. Dans cette histoire, rien n’est laissé au hasard. Tout est finement raconté : les déceptions, les peines, les envies, le quotidien… Aux côtés des différents personnages, le lecteur apprend à affiner son regard sur les autres. L’écriture est judicieuse : elle amorce une idée, sans jamais affirmer quoi que ce soit. Un livre à mettre entre toutes les mains.

Roman paru en 2017.

À partir de 9-10 ans.

Note : 5 / 5

La mouche qui arrêta la guerre (Bryndis BJORGVINSDOTTIR, Dorian DANIELSEN), éd. Bayard Jeunesse

« Trois mouches mènent une vie paisible dans une maison jusqu’au jour où les humains (avec qui elles cohabitent) décident d’acheter une tapette électrique. Aspirant à la paix, les trois mouches partent vivre chez des moines au Népal. Mais au cours de leur voyage, elles découvrent que les hommes se font aussi la guerre entre eux. Est-il possible d’agir ? De simples mouches peuvent-elles arrêter les balles des soldats ? »

En se collant sur la lunette de chaque fusil, les mouches neutralisent les armes des hommes. Ensemble, elles parviennent à changer le cours des événements. Un roman simple et original qui aborde un sujet compliqué. La guerre vue par des insectes… eux qui côtoient les hommes depuis des millénaires apportent un regard lucide sur les horreurs de ce monde.

Roman paru en 2016.

À partir de 10 ans.

Note : 4 / 5

Le chapeau de Tétragonie (Benoît FOURCHARD), éd. Seuil Jeunesse

« Henri est timide et se sent un peu à contre-courant du monde qui l’entoure. Un matin, alors que les gens courent pour attraper bus et métro, le garçon trouve un chapeau. À qui appartient-il ? C’est le défi que lui lance la jeune fille dont il est secrètement amoureux. Un pari qui le mène dans une folle aventure en Tétragonie. »

La construction du récit est très originale. Au début du roman, le lecteur est plongé dans le quotidien d’un jeune garçon, mais au fur et à mesure de l’histoire, tout devient incontrôlable. L’absurde envahit le temps, l’espace et les personnages. L’auteur adapte son texte au contexte : une gymnastique intéressante.

Roman paru en 2016.

À partir de 10 ans.

Note : 4 / 5

Un garçon nommé Noël (Matt HAIG), éd. Hélium

« Nicolas (surnommé Noël) vit en Finlande avec ses parents. Les hivers sont rudes, l’argent manque mais le garçon se contente de ce que la vie lui offre. Pourtant… tout bascule du jour au lendemain : sa mère se fait tuer par un ours, son père accepte une expédition dans le Grand Nord et son horrible tante vient « veiller » sur lui. Accompagné d’une souris et d’un renne, Noël prend son destin en main. Le garçon part retrouver son père. Une aventure pleine de rebondissements l’attend. Une quête qui le mènera sur les traces des lutins et de la magie de Noël. »

Un livre fort et subtil qui ne laissera personne indifférent. Tout au long de cette aventure, l’innocence du petit héros est bousculée. On apprend avec lui. On tremble à ses côtés. On a envie de croire à ce Père Noël qu’il deviendra. Une quête initiatique qui mêle humour, espoir et magie. Un coup de cœur !

Roman paru en 2016.

À partir de 10 ans.

Note : 5 / 5

 

Un ogre en cavale (Paul BEORN), éd. Castelmore

« Paris est en pagaille. Un ogre énorme s’y promène en liberté sur les toits, poursuivi par un jeune magicien habillé en mousquetaire. Et Jeanne dans tout ça ? Elle court après eux : l’ogre lui a volé son cœur et elle doit le retrouver avant le lever du soleil ! Pas facile d’affronter un géant affamé, mais grâce à une amie fantôme, Jeanne découvre en elle une magie qui pourrait tout changer. »

Une course poursuite sur 270 pages, c’est un peu long… C’est dommage car à force de courir, les personnages sont survolés. Le lecteur n’a ni le temps de les connaître et encore moins de s’y attacher. La magie en revanche est très présente : le contexte dans lequel elle apparaît est original mais faute d’approfondissement, elle s’éteint.

Roman paru en 2016.

À partir de 11 ans.

Note : 2 / 5

Le jour du loup (Céline CLAIRE, Karine BERNADOU), éd. Milan

« Marius déteste le jour du loup. Tous les ans, les habitants du village sacrifient leurs animaux pour se protéger du terrible animal. Cette année, son père est obligé d’emmener Lili la brebis. Marius refuse tout net et décide de mettre au point un stratagème pour en finir avec le loup. Très malin, le petit garçon décide, contre l’avis des villageois, d’inviter l’ogre et la sorcière au jour du loup. Le lendemain, le loup a la mauvaise surprise de comprendre que le festin du jour… c’est lui !« 

Un roman déroutant. L’histoire et les illustrations sont originales et poussent le lecteur à affiner sa réflexion. Seul problème : l’éditeur cible les 6-7 ans mais ce public ne suivra pas. À conseiller pour des enfants plus âgés mais qui lisent peu (il peut être proposé en lecture facile).

Roman paru en 2016.

À partir de 9 ans.

Note : 3 / 5

Le petit réparateur d’insectes (Nastasia RUGANI, Charline COLLETTE), éd. Ecole des Loisirs

« Quand ils ont une aile abîmée ou une patte cassée, les mouches et les scarabées ont grand besoin du Réparateur d’insectes. Il fait des merveilles avec son aiguille d’argent. Mais aujourd’hui, le Réparateur part en retraite. Et c’est son fils, Noc, qui doit lui succéder. Il en est toujours allé ainsi : le métier de Réparateur d’insectes se transmet de père en fils. Sauf que l’aiguille d’argent semble ne pas vouloir de sa main hésitante, et Noc a très, très peur des insectes. Alors… qui pourra prendre soin d’eux… « 

Un livre qui donne envie de grandir. La relation entre le frère et la sœur est très touchante : ils choisissent ensemble de leur avenir sans tenir compte des traditions familiales. Un petit roman qui aborde aussi la pression sociale et la différence entre les sexes dans un monde si proche du nôtre…

Roman paru en 2016.

À partir de 8-9 ans.

Note : 4 / 5

Colin de l’espace : la course cosmique puante T.1 (Tim COLLINS), éd. Albin Michel Jeunesse

« Monsieur Watkins, l’instituteur de Colin, est la personne, ou plutôt la chose, la plus soporifique du monde. Par exemple, à côté de lui un embouteillage paraît passionnant. Heureusement, Harry, le nouveau, va mettre un peu d’animation : grâce à son téléphone-portable-transpondeur-interstellaire, il transforme la poubelle de l’école en machine à remonter le temps… Ouf, un peu d’aventure. Espérons seulement qu’ils ne rencontreront pas l’ancêtre préhistorique de monsieur Watkins… »

De l’humour, de l’aventure, des personnages surprenants… Une excellente approche de la science-fiction qui s’adresse aux bons et aux petits lecteurs. Un livre à mi-chemin entre le roman et la bande dessinée : à mettre entre toutes les mains !

Roman paru en 2016.

À partir de 9 ans.

Note : 5 / 5

Tombquest : le livre des morts T.1 (Michael NORTHROP), éd. Bayard Jeunesse

« Au musée métropolitain d’art de New York s’ouvrira demain la plus grande exposition d’égyptologie jamais montée. Alex Sennefer, 11 ans, la découvre avant tout le monde, sans savoir que, demain, il mourra pour la première fois… »

Des personnages principaux fouillés, un contexte intéressant, une intrigue bien menée : tous les ingrédients sont réunis pour capter l’attention du lecteur jusqu’à la fin. Dommage que les personnages secondaires soient si caricaturaux : le décalage avec le héros est parfois trop abrupt. Ce volume ne peut être acheté indépendamment des autres.

Roman paru en 2017.

À partir de 10 ans.

Note : 3 / 5