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Des histoires qui se vivent

Brant Bjork, à l’Ubu (Rennes) – 9 octobre 2017 –

Brant Bjork, à l’Ubu (Rennes) – 9 octobre 2017 –

Lundi 9 octobre. Dans les rues de Rennes, tout a un goût de début de semaine : peu de circulation, des terrasses désertes et des gens qui se pressent pour rentrer chez eux. Bref, la ville s’endort avant l’heure. Mais si on s’attarde rue Saint-Hélier, on remarque que ça s’active du côté de l’UBU. Forcément, Brant Bjork joue ce soir mais l’info n’est pas évidente. La com’ est discrète : pas d’affiche visible, pas de nom sur le panneau extérieur mais le message est passé… Ce n’est pas complet mais il y a du monde.

Quand on franchit les portes de l’UBU, on entre dans un lieu à part. La salle de concert ne ressemble à aucune autre : la proximité avec la scène est telle qu’elle abolit presque les frontières entre le public et les musiciens. À chaque fois, il y a un truc qui se passe là-bas, voir et entendre de cette manière rend chaque prestation unique. Et ce soir, l’UBU a des airs de club américain… Un club qui pourrait se situer quelque part entre Seattle et Palm Desert. Oui, ça en fait des kilomètres… Bon, pour être plus précise et surtout pour être raccord avec les débuts de Brant Bjork, l’évidence serait de planter le décor en plein désert, dans une soirée de type generator party.

En prenant place dans la fosse, on se rend compte que le groupe est déjà sur scène : les guitaristes grattouillent et font des réglages de dernières minutes. Et puis le concert démarre comme ça, à la cool. Pas de grosse mise en scène mais question look, on a l’impression d’être transporté en pleine époque hippie : chemise kaki bardée d’écussons, cheveux longs, bandana… Ça bouge peu mais qu’est-ce que ça a de la gueule ! Et quel son ! Toute la place est laissée à la musique : le guitariste – Bubba DuPree prend même parfois du recul pour mieux sentir le riff à venir. Et oui, les gars prennent du plaisir : il y a des regards et des expressions qui ne trompent pas. Ils kiffent le moment présent.

Pendant presque 2h00, ils enchaînent sans peine des titres comme Stackt, Buddha Time ou encore Lazy Bones / Automatic Fantastic. Brant Bjork, l’ancien membre du groupe Kyuss* n’a rien perdu du stoner de ses débuts. Il y a du son lourd mais pas que… certaines intro sont purement instrumentales tirant sur le blues et c’est un vrai régal. Pendant tout le concert, monsieur Bjork prouve qu’il n’est pas enfermé dans un style, son approche multi-instrumentiste – il est guitariste-chanteur mais aussi batteur et bassiste – et sa voix teintée de grunge apporte aux morceaux une texture différente. Côté tempo, les musiciens ont appris à bonne école : la rythmique est minimaliste mais efficace. Le batteur, qui a un kit composé – entre autre – d’un double tome basse et de cymbales rides, privilégie une frappe forte et sans concession. Tout est parfaitement réglé mais avec une sacrée dose de décontraction. La folie ne vient pas de cette bande-là mais plutôt de Sean Wheeler, le chanteur du groupe punk-rock Throw Rag qui apparaît au milieu et à la fin du show pour interpréter quelques morceaux. Le guest apporte une présence scénique anticonformiste qui sied bien à l’ambiance de la soirée.

Brant Bjork, c’est un mélange de rock et de metal avec une dose de psychédélique : du pur stoner qui se découvre ou se re-découvre en live. Un grand merci à Garmonbozia et à l’UBU pour le soin apporté à leur prog. : voir de tels artistes à deux pas de chez soi est un réel privilège.

Caroline VANNIER

* Kyuss est considéré comme l’un des groupes fondateurs de la musique stoner. Il est initialement composé de Brant Bjork (batterie), Josh Homme (guitare), John Garcia (chant), Chris Cockrell (basse) puis de Nick Oliveri (basse).

Article également publié sur Metalorgie (sous le pseudonyme Ubuto Kro)
https://www.metalorgie.com/live-reports/1598_Brant-Bjork_le-09-10-17-Rennes-L-Ubu

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