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Des histoires qui se vivent

Bruno, présentateur de Punkorama et patron du Mondo Bizarro

Bruno, présentateur de Punkorama et patron du Mondo Bizarro

« Oui, ce n’est pas un secret. Qu’est-ce que je peux te dire de plus ? Les Ramones, c’est le groupe fil conducteur de ma vie. » De la radio au bistro, il y a comme un air de Punk-Rock qui imprègne la déco, les ondes… et même dans le nom du caf’con’ Mondo Bizarro (album des Ramones de 1992). Mais pas question de s’enfermer dans un registre, Bruno soutient la musique dans sa diversité : « je me défends d’avoir cette image uniquement Punk ou Metal qui colle un peu à la peau du Mondo, je l’ai toujours conçu comme un lieu ouvert à tous les horizons musicaux ». Un discours qu’il tenait déjà dans le portrait qu’Ubutopik avait réalisé sur lui en 2012. Et c’est ce point de vu qui nous a donné envie de revenir aujourd’hui.

Créer un café concert n’est pas une histoire d’argent. Il faut avoir une sacré dose de passion et de cran pour se lancer dans cette aventure. Celle du Mondo Bizarro commence le 15 janvier 2002. Une première ? Oui, pour Bruno Perrin… mais pas pour le lieu. Sous un autre nom (la Baleine Bleue) et avec un autre patron, le 264 avenue du Général Patton accueillait déjà des groupes. Témoignage d’une époque révolue, quelques flyers perdurent sur Internet… Des visuels majoritairement signés Mass Prod : le hasard fait parfois bien les choses… il s’agit d’une association Punk-Rock.

Le Punk-Rock… Un déclic ? Plus que ça. À force d’en écouter, Bruno a envie de partager sa passion pour cette musique. Très tôt, il prend place derrière un micro : « j‘ai débuté sur Radio Savane. J’avais 14 ans. C’était avec Jacques et Luc, les créateurs de Radio Libre, une émission Punk-Rock et Ska. Après, c’est CanalB qui a pris le relais. J’ai été bénévole et salarié là-bas. Je suis passé par tous les statuts et tous les postes, de la technique à l’animation. » Avec Thibaut Boulais, Bruno est une des premières voix de cette radio associative, et ce, depuis 1984-1985. Les années ont passé mais la façon de présenter a-t-elle changé ? « Avant, mon émission – Punkorama – durait 1h30 et elle est passée à une 1h00. En fait, c’est un format qui me correspond bien. C’est du direct et je ne veux pas préparer à l’avance. Je sais juste quel morceau je vais faire écouter en premier. Dix minutes avant de partir de chez moi, je prends aussi des vinyles. » Et des disques vinyles, Bruno en a une belle collection : « oh, pas tant que ça ! Mais oui, j’ai mille albums et six cent 45 tours. Beaucoup de Punk-Rock 77, du Ska Revival, du Glam Rock des débuts 90… En groupes, j’ai aussi du classique comme les Beatles, Docteur Feel Good, Jimmy Hendrix… » Mais Internet a aussi pris le relais et le présentateur ne se prive pas de l’utiliser : « c’est la magie du web. Il y a toujours des traces de groupes obscurs qui n’ont rien sorti à l’époque. Je découvre parfois en même temps que l’émission. »

Le live. Que ce soit à la radio ou pour accompagner les groupes, Bruno le pratique depuis un bon moment. Quand il quitte son statut de salarié chez CanalB, il continue de travailler dans la musique. C’est le début des années 90 et il va apporter ce qui manque aux salles et aux musiciens de l’époque : « j’ai commencé par accompagner le groupe Post Régiment. J’ai tourné avec eux et je leur ai trouvé des dates mais les lieux où ils jouaient n’étaient pas toujours équipés en sono. J’ai fini par acheter mon propre matériel. » Derrière sa sono, Bruno rencontre pas mal de groupes mais il sillonne aussi les routes en tant que musicien. Bassiste chez les Gunners, une formation Punk-Rock qu’il crée en 1988 – avec Christophe Gendrot –, il compte pas moins de 500 concerts dans 8 pays. Idem avec les Trotskids, un groupe Rennais, référence dans les années 80. Plus jeune, il rêvait d’intégrer ce quatuor mené par les frères Septier. C’est chose faite ! Avec eux, il assure des tournées en France et à l’international.

Un bagage musical solide, des relations dans le milieu et une envie de proposer un espace de liberté aux groupes… La recette idéale pour monter un café concert ? Ça il faudra le demander à Bruno mais ce qui est sûr, c’est que le Mondo Bizarro ouvre ses portes dans un contexte très spécifique à Rennes. À cette époque, le public assiste à la fermeture de lieux implantés depuis plusieurs années : « j’ai travaillé dans des salles à Rennes comme la Fun House – un local associatif qui proposait des concerts et des espaces de répétitions – mais il a fermé en 1999. Les Tontons Flingeurs aussi (célèbre caf’conc’ à Rennes). Il y a eu, comme on dit, un creux de la vague et c’est à ce moment que j’ai ouvert le Mondo. »

Oui… et ça fait 18 ans que ça dure. De grands noms de la scène underground sont passés chez lui : The Fleshtones, The Boys, Parabellum, The Flying Padovanis… et un certain Marky,batteur des Ramones.

En presque vingt ans, le Mondo Bizarro s’est forgé une identité forte. Pour beaucoup, il est devenu une institution, un passage obligé pour les musiciens d’ici et d’ailleurs. Un lieu incontournable où se côtoient amateurs et professionnels. Le caf’con’ passe l’épreuve du temps en traçant sa route… Mais la passion et l’audace sont-elles toujours au rendez-vous ? Plus que jamais. Il en a fallu du courage pour reprendre les concerts à l’heure du Covid19. La pandémie a tué le live mais Bruno ne renonce pas. Il est le premier à relancer les concerts : port du masque obligatoire, jauge très réduite et aménagement du jardin… Il n’a pas hésité à retrousser les manches et à tenir la barre en pleine tempête. Chapeau bas, l’ami ! Une bonne moitié des visages sont cachés mais les regards ne trompent pas. Musiciens et spectateurs te remercient de ne pas abandonner. Personne ne sait de quoi les lendemains seront fait… mais le Mondo Bizarro marquera longtemps les esprits.

Caroline Vannier

Sur le Web :
https://www.facebook.com/mondobizarrobzh
https://www.facebook.com/punkoramacanalb
http://canalb.fr/punkorama/podcasts

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