Ubutopik

Des histoires qui se vivent

Catégorie dans Musique

Concerts

Sepultura – Festival Motocultor – 2018
Sepultura – Festival Motocultor – 2018
Sepultura – Festival Motocultor – 2018
Sepultura – Festival Motocultor – 2018
Sepultura – Festival Motocultor – 2018
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Brassick – Festival Girls Disorder – Le Jardin Moderne (Rennes) – 2014
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Franz Ferdinand – Le Liberté (Rennes) – 2018
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Franz Ferdinand – Le Liberté (Rennes) – 2018
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Les Tambours du Bronx – L’Étage (Rennes) – 2019
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Les Tambours du Bronx – L’Étage (Rennes) – 2019
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Les Tambours du Bronx – L’Étage (Rennes) – 2019
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Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
Pixies – Le Liberté (Rennes) – 2019
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Popa Chubby – Festival Motocultor – 2018
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Les Ramoneurs De Menhirs – Festival Motocultor – 2019
Les Ramoneurs De Menhirs – Festival Motocultor – 2019
Les Ramoneurs De Menhirs – Festival Motocultor – 2019
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Mass Hysteria – L’Étage (Rennes) – 2015
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Ultra Vomit – L’Étage (Rennes) – 2017

Ultra Vomit – L’Étage (Rennes) – 2017
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1000Mods – Festival Motocultor – 2019
NOFX – Festival Motocultor – 2019
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Warbringer – Festival Motocultor – 2018
Warbringer – Festival Motocultor – 2018
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Jinjer – Festival Motocultor – 2018
Nostromo – Festival Motocultor – 2018
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Lofofora – La Nouvelle Vague (Saint-Malo) – 2015
Lofofora – La Nouvelle Vague (Saint-Malo) – 201
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Lofofora – La Nouvelle Vague (Saint-Malo) – 2015
Lofofora – La Nouvelle Vague (Saint-Malo) – 2015
Lofofora – La Nouvelle Vague (Saint-Malo) – 2015
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Moonspell – L’Étage (Rennes) – 2019
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Moonspell – L’Étage (Rennes) – 2019
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No One is Innocent – Castel Rock Fest (Chateaugiron) – 2019
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Hangman’s Chair – Festival Motocultor – 2018
Hangman’s Chair – Festival Motocultor – 2018
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Headcharger – L’Étage (Rennes) – 2017
Headcharger – La Nouvelle Vague (Saint-Malo) – 2015

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Flayed – L’Étage (Rennes) – 2019
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Tagada Jones – Castel Rock Fest (Chateaugiron) – 2019
Tagada Jones – Castel Rock Fest (Chateaugiron) – 2019
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Les Tambours du Bronx – Festival Motocultor – 2018
Les Tambours du Bronx – Festival Motocultor – 2018
Les Tambours du Bronx – Festival Motocultor – 2018
Les Tambours du Bronx – Festival Motocultor – 2018
Mustash – Festival Motocultor – 2019
Comeback Kid – Festival Motocultor – 2018
Cerf Boiteux – Festival Motocultor – 2018
Cerf Boiteux – Festival Motocultor – 2018
Svart Crown – Festival Motocultor – 2018
Stoned Jesus – Festival Motocultor – 2019
Tagada Jones – L’Étage (Rennes) – 2017
Pelican – Festival Motocultor – 2018
Rotting Christ – L’Étage (Rennes) – 2019
Rotting Christ – L’Étage (Rennes) – 2019
Rotting Christ – L’Étage (Rennes) – 2019
Rotting Christ – L’Étage (Rennes) – 2019
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Pigalle – Salle du Rotz (Maure de Bretagne) – 22 mars 2019
Pigalle – Salle du Rotz (Maure de Bretagne) – 22 mars 2019
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The Decline – L’Antipode (Rennes) – 15 septembre 2018
The Decline – L’Antipode (Rennes) – 15 septembre 2018
The Decline – L’Antipode (Rennes) – 15 septembre 2018
The Decline – L’Antipode (Rennes) – 15 septembre 2018
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El Royce – Le Jardin Moderne (Rennes) – novembre 2018
Jackhammer – Le Jardin Moderne (Rennes) – novembre 2018
Jackhammer – Le Jardin Moderne (Rennes) – novembre 2018
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Bruno, présentateur de Punkorama et patron du Mondo Bizarro (été 2020)

« Oui, ce n’est pas un secret. Qu’est-ce que je peux te dire de plus ? Les Ramones, c’est le groupe fil conducteur de ma vie. » De la radio au bistro, il y a comme un air de Punk-Rock qui imprègne la déco, les ondes… et même dans le nom du caf’con’ Mondo Bizarro (album des Ramones de 1992). Mais pas question de s’enfermer dans un registre, Bruno soutient la musique dans sa diversité : « je me défends d’avoir cette image uniquement Punk ou Metal qui colle un peu à la peau du Mondo, je l’ai toujours conçu comme un lieu ouvert à tous les horizons musicaux ». Un discours qu’il tenait déjà dans le portrait qu’Ubutopik avait réalisé sur lui en 2012. Et c’est ce point de vu qui nous a donné envie de revenir aujourd’hui.

Créer un café concert n’est pas une histoire d’argent. Il faut avoir une sacré dose de passion et de cran pour se lancer dans cette aventure. Celle du Mondo Bizarro commence le 15 janvier 2002. Une première ? Oui, pour Bruno Perrin… mais pas pour le lieu. Sous un autre nom (la Baleine Bleue) et avec un autre patron, le 264 avenue du Général Patton accueillait déjà des groupes. Témoignage d’une époque révolue, quelques flyers perdurent sur Internet… Des visuels majoritairement signés Mass Prod : le hasard fait parfois bien les choses… il s’agit d’une association Punk-Rock.

Le Punk-Rock… Un déclic ? Plus que ça. À force d’en écouter, Bruno a envie de partager sa passion pour cette musique. Très tôt, il prend place derrière un micro : « j‘ai débuté sur Radio Savane. J’avais 14 ans. C’était avec Jacques et Luc, les créateurs de Radio Libre, une émission Punk-Rock et Ska. Après, c’est CanalB qui a pris le relais. J’ai été bénévole et salarié là-bas. Je suis passé par tous les statuts et tous les postes, de la technique à l’animation. » Avec Thibaut Boulais, Bruno est une des premières voix de cette radio associative, et ce, depuis 1984-1985. Les années ont passé mais la façon de présenter a-t-elle changé ? « Avant, mon émission – Punkorama – durait 1h30 et elle est passée à une 1h00. En fait, c’est un format qui me correspond bien. C’est du direct et je ne veux pas préparer à l’avance. Je sais juste quel morceau je vais faire écouter en premier. Dix minutes avant de partir de chez moi, je prends aussi des vinyles. » Et des disques vinyles, Bruno en a une belle collection : « oh, pas tant que ça ! Mais oui, j’ai mille albums et six cent 45 tours. Beaucoup de Punk-Rock 77, du Ska Revival, du Glam Rock des débuts 90… En groupes, j’ai aussi du classique comme les Beatles, Docteur Feel Good, Jimmy Hendrix… » Mais Internet a aussi pris le relais et le présentateur ne se prive pas de l’utiliser : « c’est la magie du web. Il y a toujours des traces de groupes obscurs qui n’ont rien sorti à l’époque. Je découvre parfois en même temps que l’émission. »

Le live. Que ce soit à la radio ou pour accompagner les groupes, Bruno le pratique depuis un bon moment. Quand il quitte son statut de salarié chez CanalB, il continue de travailler dans la musique. C’est le début des années 90 et il va apporter ce qui manque aux salles et aux musiciens de l’époque : « j’ai commencé par accompagner le groupe Post Régiment. J’ai tourné avec eux et je leur ai trouvé des dates mais les lieux où ils jouaient n’étaient pas toujours équipés en sono. J’ai fini par acheter mon propre matériel. » Derrière sa sono, Bruno rencontre pas mal de groupes mais il sillonne aussi les routes en tant que musicien. Bassiste chez les Gunners, une formation Punk-Rock qu’il crée en 1988 – avec Christophe Gendrot –, il compte pas moins de 500 concerts dans 8 pays. Idem avec les Trotskids, un groupe Rennais, référence dans les années 80. Plus jeune, il rêvait d’intégrer ce quatuor mené par les frères Septier. C’est chose faite ! Avec eux, il assure des tournées en France et à l’international.

Un bagage musical solide, des relations dans le milieu et une envie de proposer un espace de liberté aux groupes… La recette idéale pour monter un café concert ? Ça il faudra le demander à Bruno mais ce qui est sûr, c’est que le Mondo Bizarro ouvre ses portes dans un contexte très spécifique à Rennes. À cette époque, le public assiste à la fermeture de lieux implantés depuis plusieurs années : « j’ai travaillé dans des salles à Rennes comme la Fun House – un local associatif qui proposait des concerts et des espaces de répétitions – mais il a fermé en 1999. Les Tontons Flingeurs aussi (célèbre caf’conc’ à Rennes). Il y a eu, comme on dit, un creux de la vague et c’est à ce moment que j’ai ouvert le Mondo. »

Oui… et ça fait 18 ans que ça dure. De grands noms de la scène underground sont passés chez lui : The Fleshtones, The Boys, Parabellum, The Flying Padovanis… et un certain Marky,batteur des Ramones.

En presque vingt ans, le Mondo Bizarro s’est forgé une identité forte. Pour beaucoup, il est devenu une institution, un passage obligé pour les musiciens d’ici et d’ailleurs. Un lieu incontournable où se côtoient amateurs et professionnels. Le caf’con’ passe l’épreuve du temps en traçant sa route… Mais la passion et l’audace sont-elles toujours au rendez-vous ? Plus que jamais. Il en a fallu du courage pour reprendre les concerts à l’heure du Covid19. La pandémie a tué le live mais Bruno ne renonce pas. Il est le premier à relancer les concerts : port du masque obligatoire, jauge très réduite et aménagement du jardin… Il n’a pas hésité à retrousser les manches et à tenir la barre en pleine tempête. Chapeau bas, l’ami ! Une bonne moitié des visages sont cachés mais les regards ne trompent pas. Musiciens et spectateurs te remercient de ne pas abandonner. Personne ne sait de quoi les lendemains seront fait… mais le Mondo Bizarro marquera longtemps les esprits.

Caroline Vannier

Sur le Web :
https://www.facebook.com/mondobizarrobzh
https://www.facebook.com/punkoramacanalb
http://canalb.fr/punkorama/podcasts

Le Superbowl of Hardcore (juillet 2020)

Moins de 48h. C’est la vitesse à laquelle l’équipe du Superbowl a vendu les billets de son dernier show. Un chiffre qui ferait rêver pas mal d’organisateurs ! Oui… et c’est loin d’être une première. En quelques années, Jo et Yvan ont su donner une véritable place à la scène Hardcore à Rennes. Pourtant, rien ne semblait gagné d’avance.

Dans la bonne vieille cité Bretonne, les associations et les groupes de Metal sont hyperactifs. Peu de salle mais une sérieuse envie de jouer et d’organiser. Mais comment ne pas perdre en visibilité ? Des concerts, il y en a toutes les semaines et les acteurs s’associent peu. Avec des partenariats quasi inexistants et une offre importante, le public se retrouve sur-sollicité et les soirées sold out se font rares… sauf pour le Hardcore.

Comme pour le Punk, les passionnés répondent présents. Des gens capables de faire des kilomètres pour voir des groupes locaux et internationaux. Aux habitués, s’ajoutent pas mal de férus de musique qui ne sont pas issus de cette scène. La raison ? La qualité des prestations live des groupes. Une bonne part d’entre eux apprennent là, devant le public et ça fait toute la différence. Le niveau, la présence, l’occupation de l’espace… Une aisance qui se joue à toutes les étapes…

Booking, enregistrement, orga, com’… Beaucoup de musiciens de Hardcore l’ont compris : pour rester libre, il faut savoir se débrouiller. Et ils sont un certain nombre à tout gérer ! Du Do it Yourself qui prend ses racines dans le Punk et qui permet de conserver une éthique dans un paysage musical souvent trop formaté. En plus d’être aux commandes des soirées, Jo et Yvan sont respectivement guitaristes chez Entertain the Terror – pour le premier – et Hard Mind – pour le second –, ils ont aussi officiés (ensemble ou séparément) dans des formations comme Ultimhate ou Hand of Blood. Musiciens, ils le sont depuis un paquet d’années ! Mais qu’est-ce qui a provoqué le déclic côté orga ? « Les premiers concerts, c’était en 2002-2003 » précise Jo. « À Rennes, je traînais pas mal dans les shows Hardcore fin 90′ dans des lieux comme les Tontons Flingueurs, l’Antipode et la PyramideCertains de ces lieux ont fermé et l’asso qui organisait le Superbowl (avant nous) s’est arrêtée. Le public n’était plus là. On l’a regagné au fur et à mesure ». « Oui, on est passé par mon oncle qui connaissait les fondateurs du Superbowl (dans les années 90) » enchaîne Yvan. « On leur a demandé si on pouvait reprendre le nom et ils nous ont tout de suite encouragé. La première édition s’est montée avec des groupes qu’on connaissait.» La première édition ! 600 personnes à l’Antipode en 2014 : Merauder, Get the Shot, Backfire, Born from Pain… Dix groupes au total. « On a le record des ventes de bières en une soirée », clame Jo.

Sous les associations Face to Face et Kob, Jonathan Guyot et Yvan Travers proposent des rendez-vous réguliers comme le Summerbowl au Jardin Moderne, le Superbowl et les Minibowl qui prennent place dans des caf’con’ de la ville (Ty Anna Tavarn, Mondo Bizarro, Marquis de Sade…). Ils font presque tout à deux : « on s’occupe de la gestion et de la programmation mais on a pas mal de monde qui gère sur place, pendant les concerts. » Ici et là, on retient des prénoms comme Mégane qui est souvent aux entrées ou encore Mathieu qui s’occupe de la comptabilité. « Il y a aussi pas mal de boulot au catering. C’est Ben qui s’en charge quand il est dispo ou Mika qui encadre la partie bouffe », précisent les deux musiciens. Et ça tourne ! Depuis 2004, ils ont fait jouer près de 700 groupes. Des formations Hardcore de tout horizon avec quelques exceptions : « on a fait de tout. Du rap, du folk… Et on ne regrette rien ». Et leur plus grosse fierté ? « Oh, là ! Pas simple, il y en a tellement ! Je dirai All out war Extreme Noise Terror et Harm’s Way » précise Jo. « All out war, c’est sûr ! Et sinon, Stormcore et Bent Life » poursuit Yvan.

Avec une telle prog, on pourrait croire que l’asso touche des aides… mais non, et tout est géré 100 % bénévolement. Hormis la vente des billets et les dons du public, ils ne reçoivent rien. Si la trésorerie manque, ils mettent de leur poche mais pour eux, pas question de troquer leur indépendance : « on ne se voit pas critiquer le système et toucher de l’argent. On a aucune subvention et on ne cherche pas à en avoir. Après, on organise dans des salles qui sont subventionnées comme le Jardin Moderne, on l’est donc forcément indirectement mais on veut l’être le moins possible ».

Des potes qui se connaissent depuis un moment, une passion qui ne s’érode pas avec le temps et une envie de défendre une scène libre et honnête… On pourrait s’arrêter là mais c’est sans compter l’actualité ! La culture est ébranlée depuis mars 2020 et personne ne peut dire ce qui va se passer dans les mois à venir. L’épidémie de la Covid19 a tout éteint et les quelques concerts qui ont lieu se font en jauge très restreinte et avec port du masque obligatoire. Exit les live tel qu’on les connaît ! « On a annulé quatre concerts. On organise une soirée en juillet au Mondo (l’argent sera reversé au bar) mais toutes les places sont déjà vendues. On a repoussé pas mal à l’année prochaine ! 2020 sera tranquille, on en a profité pour booker la prog du Superbowl qui aura lieu le 2 et 3 juillet 2021 au Jardin Moderne. Après c’est sûr, il va y avoir un impact de fou pour tout le monde dans le milieu : les tourneurs, les intermittents, les musiciens… » explique Jo. Yvan, secoue la tête et ajoute : « c’est n’importe quoi ! Je ne comprends pas les lois du gouvernement. Ils veulent bien que les gens se massent dans le métro pour aller bosser mais on ne peut pas se retrouver dans les concerts.»

Oui, le contexte est hors norme mais le spectacle vivant compte de belles forces qui ne laisseront pas le live tomber aux oubliettes. Pour sûr, ces deux-là n’abandonneront pas ! Et ils savant qui remercier pour ça : « respect à Fred Chouesne de Garmonbozia et David Mancilla. Merci à eux. Ce sont des modèles d’humilité pour nous. Tu sais, j’ai assisté au premier concert de Fred, c’était son projet de BTS. Il m’a aussi fait jouer quand je démarrai mon groupe. C’était à la MJC Pyramide et je crois même que c’est là que j’ai rencontré Bruno (Mondo Bizarro) qui faisait le son. » Le mot de la fin ? « Continuer à jouer dans des groupes, faire des concerts, monter des asso… Ne rien lâcher. Et merci aux gens comme toi qui continuent de faire des fanzines et des interviews. »

Caroline Vannier

Sur le Web :
https://www.facebook.com/superbowlofhardcore
https://www.facebook.com/facetofaceshows
https://www.facebook.com/assokob.prod
https://www.facebook.com/hardmindhxc
https://www.facebook.com/entertaintheterror

Catherine, un regard sur la scène Rennaise (juin 2020)

Rennes, en quelques mots ? « Sa culture, sa taille à échelle humaine et surtout sa musique », répond Catherine sans hésitation. Il faut dire que la cité Bretonne, elle la connaît depuis un moment : « je suis née ici. Après, j’ai vécu 18 ans dans un petit village pas loin. Et comme pas mal de monde, j’y suis revenue pour mes études. » Alors, le jour où elle franchit le pas pour devenir attachée de presse, le faire depuis Rennes a du sens. Certains diront qu’à l’heure des réseaux sociaux, s’établir dans un lieu précis est superflu mais pas pour Catherine : « j’aime bien bosser avec des groupes Rennais parce qu’on a le temps de se voir, de passer du temps ensemble, de tisser des liens. C’est moins facile quand je travaille avec des groupes qui habitent plus loin, le travail se fait de la même façon mais il manque quelque chose. »

Catherine écoute du rock : « David Bowie, Joy Division, Led Zeppelin, The Stooges… J’ai eu une platine vinyle assez tard et j’ai eu envie, dans un premier temps, de redécouvrir les grands classiques du rock quand on me l’a offerte. Quand tu pars de zéro vinyle, tu ressens un énorme plaisir à aller à la chasse aux albums cultissimes pour toi. » Passionnée de musique, elle l’est… mais ce métier, elle ne l’a pas choisi tout de suite. À 37 ans, elle décide de tout plaquer. Un changement d’orientation professionnelle radical : « pendant 15 ans, j’ai fait des sites Internet et je ne voulais plus continuer. Je passais mon temps devant mon ordi à « pisser » du code, comme on dit et le milieu dans lequel j’évoluais n’était pas en adéquation avec mes convictions. J’ai réalisé un bilan de compétences mais c’est en intégrant des équipes de festivals, en commençant à écrire pour Rennes Musique et en rencontrant des gens que jai pensé à attachée de presse. En y réfléchissant, c’est allé assez vite. Tout s’est accéléré quand j’ai interviewé City Kay lors de leur concert aux Trans Musicales, pour Rennes Musique justement. Un des membres du groupe – Yoann Minkoff – sortait un album et ça a commencé comme ça. J’ai quitté mon boulot et je me suis lancée. C’est grâce à lui que tout a commencé. Son album Black & White Blues est magnifique, il m’a ouvert des portes dès le début.»

Mais en quoi consiste ce métier ? Comment se construit un réseau ? Catherine s’occupe de faire connaître les groupes auprès des médias : radios, journaux, webzines, TV locales et nationales… Mais sans carnets d’adresses, impossible d’entrer en contact avec les bonnes personnes… et il y a encore quelques années, elle n’était pas du tout dans le milieu. Elle est pourtant parvenue à se faire une place en peu de temps : « quand j’ai voulu travailler dans la musique, j’ai été bénévole presque partout à Rennes. Je me suis construite un réseau assez vite. Aujourd’hui, je continue seulement avec le Grand Soufflet et l’Antipode. » Et après ? Qu’est-ce qui fait la différence ? Catherine est rigoureuse, efficace et surtout, elle parle bien des musiciens qu’elle défend. Aujourd’hui, sous le nom de These Days, elle travaille avec le festival I’m From Rennes, quelques labels et 4 à 5 groupes par mois… Pas mal de formations rock qui ont eu leur place dans les pages de Rock&Folk, sur le site de la Grosse Radio et même chez De Caunes sur France Inter. Pour en arriver là, elle a acquis une très bonne connaissance du milieu musical Rennais en tant que bénévole mais aussi en étant elle-même « journaliste »…

Catherine écrit pour Rennes Musique, un blog qui fait la part belle à la scène locale. Empruntant le nom de l’ancien disquaire emblématique de la rue Maréchal Joffre, le site traite de l’actualité de ceux qui font la musique : des portraits, des interviews d’artistes mais pas que… À travers les rubriques Comptoir et Label d’été, c’est une ouverture à tout un univers musical dont on ne parle pas forcément : « pendant deux saisons, on l’a fait avec les cafés concerts. Idem pour les labels et c’est fou tout ce qui existe. » Un chantier qu’elle partage avec Anthony B. (le fondateur). Des passionnés qui sont là pour donner un coup de projecteur sur ce qui se passe à Rennes. Depuis cinq ans, certains d’entre eux animent même en parallèle l’émission radio Purple Rennes. Un format hebdo, le mercredi, de 19h à 20h, sur CanalB. Aux commandes ? Catherine, Romain et Benjamin. Toutes les semaines, ils brossent le portrait d’un groupe du coin qui joue toujours en live. Là aussi, il y a un gros boulot de la part de Catherine, c’est elle qui est à la programmation et qui cherche des groupes chaque semaine. Et d’ailleurs, passer derrière le micro, ça se passe comment ? « Je n’avais jamais fait de radio. Quand on te tend un micro au tout début et qu’on te dit, allez vas-y, c’est pas évident. Mais au fur et à mesure des émissions, tu prends tes marques, tu apprends à poser ta voix. » Au total, entre Purple Rennes et Rennes Musique, les souvenirs s’accumulent : « Slift, un de mes coups de cœur mon tout dernier concert avant le confinement. Frustration aussi. Discuter des heures et des heures avec Laeticia Sheriff. Sleaford Mods, une des interviews les plus compliquée à retranscrire. Et bien sûr Dominic Sonic, l’interview qui restera pour moi la plus marquante et le plus beau moment. Il avait tellement à raconter qu’on a poursuivi la discussion dans un bar, après l’avoir reçu dans l’émission. Il y a les spéciales aussi comme Purple Grignou. On l’a fait une fois, l’année dernière, c’est un mix entre nous et la plus vieille émission de CanalB. On croise pas mal d’animateurs tous les mercredis et on a pas le temps de se parler, faire une émission commune permet de passer du temps ensemble. Il y a quelques jours, on a réédité l’expérience avec Metal Injection. Avec l’épidémie de Covid, on a pas eu accès au studio, on a donc investi le Marquis de Sade. »

Pour beaucoup, Rennes a perdu de sa splendeur musicale. Que reste-il des vestiges des années 70-80 ? Peut-on encore l’appeler ville Rock ? Pour Catherine, la question ne se pose pas : « il y a de la diversité. Je découvre toujours de nouveaux groupes. Impossible de s’ennuyer.»

Caroline Vannier

Sur le Web :
https://www.facebook.com/thesedayspressandbooking
https://www.facebook.com/rennes.musique/
https://www.facebook.com/PurpleRennes
http://canalb.fr/purplerennes/podcasts
http://rennesmusique.com/

Big Steph, une des mémoires de la scène punk rock alternative (mars 2018)

Big Steph, on le remarque ! Il a une tronche de rockeur et une carrure à bosser dans la sécu. Un gars qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense et qui reste fidèle à son ancrage musical. La musique ? Il a mis le pied dedans tout jeune. Très tôt, il suit ses cousins et découvre la scène punk rock des années 80. Avec des groupes comme Les Rats et Parabellum, il rencontre des gens écorchés, libres et impliqués. L’énergie qu’ils dégagent, il va vouloir la partager. C’est comme ça, qu’il organise ses premiers concerts. Tout d’abord avec des potes, et puis tout seul quand il monte sa propre affaire en Bourgogne : « j’ai eu un bar de début 1991 à 1993, dans le trou du cul du monde. J’avais 21 ans. Je faisais ma prog, je sélectionnais moi-même les groupes ». Il jette un coup d’œil aux affiches près du bar : « à l’époque, pour la com’, on se démerdait autrement : on faisait des pochoirs et des collages. Et après, on passait tout à la photocopieuse. Je crois que j’ai encore des affiches chez moi.»

Big Steph prend ses valises et arrive à Rennes en 1997. Pendant un an, il bosse au Sympatic Bar (en 1998), puis enchaîne des postes à la sécu des salles de concert entre 1999 et 2003. En 1999, il participe même à l’orga du Festival des Résistances « on avait fait des souscriptions grâce au dessin de Vuillemin – créé gratuitement -, ce qui nous a permis de faire des t-shirts et affiches du festoche. Grâce à ça, on a eu des fonds pour pouvoir faire le festival et surtout aussi grâce à Eric Lacote, chanteur des Dileurs, qui avait un très bon carnet d’adresses avec beaucoup de gros groupes comme Zebda, Tryo, Flor del fango…. » En 2002, il entre au Mondo Bizarro, il y restera 16 ans : « au début, j’ai fait de la sécu pour le Mondo sur des grosses dates comme UK Subs, The Vibrators… Et puis, j’ai vu que Bruno était emmerdé, il avait plus de barmans. En mars 2003, j’attaquais le bar. »

Derrière son comptoir, il en a vu des groupes : « ça m’a permis de revoir des connaissances comme Pat Kebra, Géant Vert. » Il évoque aussi, ses potes, ceux qu’ils n’oublient pas « Parabellum, Les Rats… c’est la famille. Schultz, Sven et Patrick Lemarchant… Les mecs, je les ai connus à 15 ans. » Les souvenirs de concerts défilent, on parle d’un soir, à la salle de l’Étage où Schultz – chanteur de Parabellum disparu en 2014 – le salue du haut de la scène. Stéphane est au beau milieu du public, il dépasse tout le monde d’une bonne tête et répond d’un geste amical à son pote : « … c’était mon grand frère », lâche-t-il le regard absent.

Aux côtés de Bruno, Big Steph a aussi vu évoluer des acteurs de la scène locale : « Jo – de l’asso Face to Face – je l’ai connu tout jeune. Il met de sa poche, parfois il se casse la gueule mais il recommence. » Et puis, la conversation s’étoffe, les anecdotes fusent… Big Steph pose ses coudes sur le comptoir et confie : « Oh là ! Les Fishbone ! Il y avait 240 personnes là-dedans, le 15 août. Je me rappelle, c’était Nico de Tagada qui faisait le son. » Le temps de servir à boire à des clients et il revient : « Il y a aussi eu des casse-couilles comme The Distillers en 2002. Ils sont arrivés à la bourre et ils ont joué les stars. »

Big Steph est une des mémoires de la scène punk rock alternative. Dans quelques années, on le verra peut-être à la sécu d’une salle de concert ou derrière le comptoir d’un autre bar à Rennes. Mais ce qui est sûr, c’est que des histoires, il en a en réserve : entre deux services, il pourra lâcher deux ou trois anecdotes sur la scène d’aujourd’hui et d’hier. Et un rêve fou, il en a un ? : « J’aime bien faire la bouffe… Avec ma femme, on aimerait bien ouvrir des chambres d’hôtes à thèmes. » Le punk rock ne meurt jamais. Une devise que Stéphane n’a pas besoin de dire, il la porte en lui.

Caroline VANNIER

Jack, animateur et fondateur de l’émission Rennes to the Hills (février 2020)

Pas facile d’avoir un véritable avis sur la musique. En dehors du simple « j’aime » , « j’aime pas », avancer un argument qui tient la route n’est pas une évidence pour tout le monde. On met toujours de soi dans un jugement mais une opinion construite donne de la valeur à une critique. D’accord… mais la musique a-t-elle besoin des autres pour exister ? Oui… Sauf cas très particuliers, un morceau a vocation à être partagé et savoir en parler met en valeur le travail des groupes. Jack est de ces passeurs. Un passionné, devenu un intermédiaire entre le public et les artistes. Animateur chez Rennes to the Hills depuis presque sept ans, il repère, décortique mais surtout participe à la découverte de musiciens issus de la scène professionnelle et amateur. Mais qu’est-ce qui l’a mené à faire de la radio ? Semaine après semaine, comment prépare-t-il ses émissions ?

Il y a forcément un début à tout. Pour Jack, le virus de la musique l’a pris très tôt : « la première claque, c’était avec Discovery de Daft Punk. J’avais emprunté le C.D. à la bibliothèque et j’écoutais en boucle le morceau Aerodynamic. Après, j’ai eu ma période Neo-Metal mais dès 13 ans, j’ai commencé à m’intéresser au Death Melodique avec le groupe Suédois Soilwork. À cette époque, Lordi jouait aussi à l’Eurovision et j’ai trouvé ça fou qu’ils gagnent.» L’enfance façonne de bien des manières… De cette période, il retient ses découvertes musicales mais aussi un surnom qu’il porte aujourd’hui à la radio : « mon vrai prénom est Mathieu mais on m’appelle Jack depuis que j’ai dix ans. »

Pour en parler, écouter de la musique est essentiel… mais pour la comprendre, faut-il savoir en jouer ? Disons que ça peu aider… « J‘ai fait de la guitare. C’était pas du Metal mais plutôt de l’Alternatif. Le groupe n’a pas tenu, on s’est séparé parce qu’on partait tous faire nos études ailleurs. C’est à ce moment que j’ai commencé la radio », explique Jack. Il débute comme chroniqueur sur le temps du midi pendant une saison mais très vite, il monte son propre projet : «  il n’y avait pas d’émission dédiée au Metal à la Fac, j’ai déposé une demande et c’est comme ça que Rennes to the Hills a démarré. C‘est à cette période que j’ai rencontré Swann du groupe Hipskör. Il a fait partie de la première équipe de Rennes to the Hills avec Clément, Anaïs et Pablo.» Musicien et présentateur ? Et oui, en coulisses ou dans les salles de concert, les rôles se mêlent : les acteurs de la scène locale portent parfois plusieurs casquettes.

Après toutes ces années, la motivation est-elle toujours la même ? Comment se prépare une émission hebdomadaire ? « On est en direct le mardi soir, de 21h00 à 22h00. On arrive vers 20h30 mais je t’avoue qu’on privilégie une ambiance détendue. J’ai toujours insisté pour qu’on se fasse plaisir et que tout le monde participe, y compris la personne qui gère la technique. Il a son micro et il intervient quand il veut. » N’empêche, quand on les écoute, on se rend compte que les chroniqueurs maîtrisent parfaitement leurs domaines : « j’ai toujours voulu taper large dans les styles de Metal. On passe des trucs qu’on aime bien, même si c’est pas récent. On parle aussi des groupes et des asso locales. » Et c’est du boulot… Rennes to the Hills ne prend quasi pas de vacances : « l‘été, c’est une période riche en actualités. On peut pas passer à côté. Il y a les festivals à couvrir comme le Hellfest et le Motocultor. On va sur place pour les interviews. Après, en dehors des gros festivals, on sort peu du studio. On a quand même déjà fait 8 heures de live pour l’anniversaire du Mondo Bizarro. Un très bon souvenir mais techniquement, c’était compliqué. »

Jack a une très large connaissance du monde de la musique. Il va voir pas mal de concert mais il bosse aussi en tant que Runner Artiste, Merch Guy et Roadie. Un taf complet qui oblige à être sur tous les fronts : du merch, au matos, en passant par la conduite… Il a commencé comme bénévole et puis, un jour, Rage Tour l’a contacté pour accompagner un groupe en tournée : « Columbine, du rap. Rien à voir avec le Metal mais j’ai vraiment adoré. On est parti 4 mois et on a traversé pas mal de pays. Je repars en mars avec The Lords of Altamont

Jack sait parler des musiciens. Un animateur curieux qui a les yeux qui brillent quand il évoque les groupes qu’il soutient : des formations – pour la plupart – issues de la scène Metal, Rock et Alternative.

La musique…

Une passion qu’il a su garder intacte depuis ses 13 ans. C’est beau ça… et plutôt rare ! N’hésitez pas à l’écouter ! Rennes to the Hills, ça se passe tous les mardis soirs avec Jack, Julien, Vincent, Elisa, Pierre et Elliot.

Caroline Vannier

Sur le Web :
https://www.c-lab.fr/emission/rennes-to-the-hills.html?fbclid=IwAR2jVF3YTqqgnXjaB1_lx4UxFaZleky0HnAQRPZETE7S-O3nf14rCJPEyaU
https://www.facebook.com/rtth35

Kemar, chanteur de No One is Innocent

No One is Innocent est un groupe emblématique des années 90. Des textes engagés, un son neuf, une énergie qui explose sur scène… À une époque où la fusion est reine, ils font un démarrage remarqué. Ils ont à peine vingt ans quand ils sont programmés aux Transmusicales de Rennes en 1993 (deux ans après Nirvana). Après ça, tout s’accélère… L’année suivante, ils signent leur premier album : No One is Innocent puis l’excellent Utopia en 1997. Deux réussites qui allient maîtrise technique et renouveau artistique : « La Peau » et « Nomenklatura » sont des morceaux si percutants qu’ils resteront d’actualité pour au moins les vingt années à venir. Mais quand on a connu de tels débuts, comment continuer à se construire en tant que musicien ? En 2019, le groupe est toujours là, assumant deux vies. À part Kemar (au chant), les membres de No One ont changé de visages mais le line up actuel est le même depuis quinze ans. Une stabilité qui aboutit aux très bons Frankenstein et Propaganda. Guitares en avant, ambiance rageuse… L’efficacité des riffs et de la rythmique portent avec authenticité les textes de Kemar. Une approche sans concession qui prend tout son sens en live. Et il est vrai que le frontman ne lâche rien, plus que jamais fidèle à ses engagements. Une ligne de conduite qui contribue à renforcer l’identité forte de No One. Mais qu’est-ce qui fait que la passion est toujours là ? Comment cultiver cette énergie sur scène ? Le samedi 9 novembre 2019, quelques heures avant son concert à Chateaugiron, Kemar a accepté de répondre à une dizaine de questions. Un entretien court mais qui apporte de belles réponses. La parole est donnée à un artiste indépendant qui trace sa route.

1 – Pas de musique sans message politique ?
Non, pas forcément. C’est pas parce que l’image de ton groupe est très engagée dans le texte que tu ne dois faire que ça. C’est aussi une bouffée d’oxygène de faire autre chose. Dans Frankenstein, il y a par exemple la chanson « Ali »: on prend beaucoup de plaisir à la jouer sur scène.

2 – Toujours fans des Sex Pistols ?
Ouais, ça reste un groupe important. Notre groupe vient de là (le nom du groupe est le titre d’un single des Sex Pistols). On aime le côté foutraque des Pistols mais on est plus dans la veine de The Clash pour la carrière. Les Pistols, ils ont marqué l’histoire ! Ils ont quand même sorti un album intemporel.

3 – Le son studio de Nomenklatura sur Utopia est très spécifique. De quelle façon la jouez-vous sur scène ? Comment l’abordez-vous à deux guitares ?
Il y a toujours une boucle derrière et une guitare qui reproduit le plus fidèlement possible le son de cette cithare électrique : celle qu’on avait utilisé pour l’enregistrement. L’idée est de rester le plus proche possible de l’originale.

4Sur vos derniers albums, le son est plus brut, plus incisif. Comment travaillez-vous aujourd’hui ? Quel est le point de départ d’une compo ?
Le groupe est stable depuis quinze ans. À part Popy à la guitare, ce sont les mêmes personnes. Cette stabilité, c’est aussi ce qui fait la force des deux derniers albums. On a essayé beaucoup de choses. Il y a un album qui a un peu moins marché que les autres mais ça nous a permis d’avancer. On s’est toujours demandé ce qui est bon pour le groupe : on se retrouve autour de ça.

5 – À l’international avec des groupes comme Nirvana, Rage Against the Machine ou encore Snot… En France avec vous, Lofofora, Silmarils, Mass Hysteria… Dans les années 90, la fusion et le grunge explosaient. Vingt-cinq ans après, quel regard portez-vous sur ces années ?
C’était des années géniales. Une créativité hors du commun en terme de son, d’attitude, de textes… La musique, c’est cyclique. Cette période, elle révoltait, elle enthousiasmait.

6 – Tes textes sont clairs, engagés et sans concession. Est-ce que tu penses à ta façon de les interpréter en les écrivant ?
Oui, clairement. Ça va de paire. C’est un gros travail d’écrire en Français. Tout doit être cohérent. J’écris des textes seul et avec mon pote Emmanuel de Arriba. Il faut absolument le citer, c’est quelqu’un d’important pour moi. L’écriture, c’est une étape exigeante et tant mieux. Il faut que la musique nous raconte une histoire.

7 – Techniquement, la chanson La Peau est un régal en terme de ruptures et de contretemps. Est-ce que vous vous permettez d’improviser certains passages en live ?
Non, c’est un morceau qui se suffit. Depuis un moment, il y a quand même une extension en concert mais c’est tout.

8 – La jeunesse emmerde le Front National, c’est encore vrai aujourd’hui ?
On s’en fout si c’est vrai ou pas. Pour nous, ce sont nos pires ennemis. Les Le Pen, ce sont des gens qui existent toujours mais on oublie qu’ils sont aux portes du pouvoir. Aujourd’hui, la jeunesse s’est scindée en deux. Certains s’impliquent dans l’écologie et c’est très bien mais il ne faut pas oublier les autres combats.

9 – En juin 2015 sort l’album Propaganda avec le titre Charlie. Le 13 novembre, la salle du Bataclan est frappée par les attentats. Le 30 novembre, vous faîtes un concert spécial avec Coco (dessinatrice chez C.H.) et Marika Bret (journaliste chez C.H.). Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ? En terme d’écriture, comment trouver les mots justes pour combattre l’impensable ?
On s’est dit que si on écrivait pas une chanson à ce moment-là, c’était une faute professionnelle. On se devait d’être là.

10 – Reuno s’en va, Kemar arrive… Vos impressions sur les premiers concerts du Bal des Enragés ?
C’est l’extase. C’est un joyaux ce collectif ! Une bande de gars sans égaux qui jouent leur son pour les autres. Hier, c’était la dernière de l’année et c’était émouvant. Je peux te l’assurer, on a eu du mal à se quitter.

Voight Kampff

Voight Kampff a ce petit truc en plus qui fait qu’il ne ressemble à aucun autre groupe. Des musiciens passionnés qui n’hésitent pas à réenregistrer leurs morceaux en studio quand ils remarquent « qu’ils ne vont pas dans le bon sens ». Des fans de science-fiction et de Metal qui se retrouvent pour développer un projet hors norme : faire un album basé sur l’œuvre Blade Runner. Des artistes courageux qui un an après le décès de leur guitariste, Mathieu Broquerie, remontent sur scène. Quelques heures avant leur concert du vendredi 13 septembre à l’Étage (Garmonbozia / I’m From Rennes), ils ont accepté de répondre aux questions de Metalorgie. Entre échanges autour de K. Dick et d’Azimov, les musiciens sont revenus sur la sortie de lexcellent Substance Rêve (label Sliptrick Records) : une réussite tant au niveau technique, qu’artistique. Un album cohérent et pointu qui laisse la part belle à l’imaginaire. Mais avant d’en savoir plus, une petite explication s’impose… Voight Kampff est la machine utilisée par les Blade Runners : policiers en charge d’arrêter et de déterminer si un individu est un répliquant ou non. Il faut croire que l’inspiration ne s’est pas tarie avec le temps… comme quoi, un simple nom de groupe peut se révéler porteur d‘un véritable projet.

1 – Motocultor, Hellfest, les 15 ans de Garmonbozia… Être sur un label donne-t-il accès aux grosses scènes ?
Z : pas du tout. C’est plutôt Garmonbozia qui nous a mis dans la prog des 15 ans et celle du Hellfest. Pour le Motocultor, on a gagné un tremplin au 4BIS. C’est comme ça qu’on s’est retrouvés à jouer là-bas.
Gaël : ça nous aurait peut-être pris plus de temps en autoprod.
Z : on ne joue pas beaucoup. Pas plus de 10 dates par an mais c’est un choix. On ne joue pas souvent mais ce sont toujours de belles scènes, dans de bonnes conditions.

2 – La pochette de l’album est signée Caza. Comment s’est concrétisé le projet ? A-t-il écouté les morceaux enregistrés en studio avant de vous proposer un visuel ?
Gaël : avec Mathieu, on cherchait mais ne trouvait pas un visuel qui nous correspondait. On l’a contacté, tout simplement. Et ça a collé tout de suite.
Z : il nous a envoyé 8 croquis avec le titre des morceaux. On lui en a précommandé 2 qu’il a enrichi et finalisé. C’est quelqu’un de très accessible. On est tous fans de S.F. et on voulait retrouver cette ambiance sur la pochette de l’album.

3 – Pyromancer, tu as remplacé Oliv à la batterie. Comment as-tu posé ton jeu ? As-tu pris en compte ce qu’il a fait sur l’album ?
P : les deux. J’ai beaucoup écouté l’album. J’ai gardé des éléments de la vision d’Oliv mais je voulais aussi mettre ma patte dans les morceaux. On a pas du tout la même façon de faire de la batterie. J’ai un jeu plus chargé, je remplis plus les espaces. Oliv a une approche plus épurée. J’ai eu beaucoup de liberté, les gars m’ont laissé faire ce que je voulais.
Z : il est aussi guitariste. Et ce qu’il a fait avec nos morceaux est très bon.
Moi : tu joues de la guitare dans quel groupe ?
P : dans Architect of Cult.

4 – Votre musique est à la fois très technique et hypnotique, comment composez-vous ? Dans un même morceau, faites-vous le choix de moment purement instru et d’autres plus propices à poser la voix ?
Gaël : pour le deuxième album, les morceaux ont été composé par Oli, Mathieu, moi et Z. On a tous participé.
Z : c’est pas une science exacte. Quand on se retrouve pour travailler ensemble, il y a des erreurs qu’on garde parfois.

5 – Vous n’habitez pas les uns à côté des autres, comment travaillez-vous ?
Z : c’est pas facile. On travaille beaucoup à la maison avec Cubase. On essaie de répéter au mieux une fois par mois. C’est clair qu’on ne peut pas arriver en répète sans connaître les morceaux.
P : on s’est bien trouvé aussi. On a vraiment de la chance que ça marche.

6 – Le nom du groupe, la thématique de l’album… L’univers de Philippe K. Dick est plus qu’une source d’inspiration pour vous. Les sujets développés par l’auteur sont-ils inépuisables ?
Gaël : son imaginaire est à son image. C’est fou quand même, il a imaginé des choses qui sont en train de se passer en ce moment. Après, sur Blade Runner, je pense qu’on a fait le tour avec l’album.
Z : on pourrait s’inspirer d’autres auteurs de S.F. comme Azimov.

7 – Les adaptations cinématographiques de K. Dick comme A Scanner Darkly ou Blade Runner (R. SCOTT et VILLENEUVE) sont-elles aussi sources d’inspiration dans votre travail ?
Z : le film de R. SCOTT, clairement oui. Il y a plusieurs lectures à voir. Celui de VILLENEUVE, j’ai bien aimé : l’esthétique, les acteurs, Ryan Gosling… c’était vraiment super mais la musique moins. Après, c’était pas la même magie, je ne le découvrais pas avec mes yeux de mino.

8 – Question K. Dick : selon vous, qu’est-ce que le réel ?
Z : oh là comme ça, c’est pas simple comme question.
Gaël : on a tous des perceptions de ce qui se passe. Par exemple, si j’étais à l’extérieur de cette scène, de ce qui se passe en ce moment précis, ça serait plus simple. Je serai plus objectif. En fait, il manque une dimension pour le définir.
Z : c’est pas mal comme réponse.
P : Ouais, c’est bien.

9 – En réalité, l’album a été enregistré deux fois. Vous n’étiez pas satisfaits de votre travail sur la première version, alors vous avez décidé de tout refaire. Une décision très courageuse. Faut-il arriver à une certaine maturité musicale pour être capable d’avoir ce recul ?
Z : non, c’est surtout le fait qu’on ne sorte pas beaucoup d’albums. On voulait quelque chose qui nous plaise. On a retravaillé le processus d’enregistrement.
Gaël : quand on travaillait sur la première version, on avait même l’impression que ça nous échappait.
Z : on savait que ces morceaux-là valaient mieux.

10 – Un groupe que vous écoutez toujours ?
Z : Death, l’album Symbolic.
P : Death, pareil.
Gaël : Coroner, n’importe quel album.

11 – Un mot sur l’hommage rendu ce soir à Mathieu Broquerie ?
Z : on est touché par cette attention. Pour nous, c’est encore délicat. Ce soir, on va penser à lui. C’était quelqu’un qui était vraiment très actif sur la scène rennaise.
Gaël : il arrivait toujours à bonifier les gens. C’est pas parce qu’il n’est plus là que je dis ça mais avec lui, on avait l’impression d’être meilleurs. On a l’impression d’avoir une partie de nous-même.

12 – Qu’est-ce qu’on vous souhaite pour la suite ?
Z : de bons concerts et des enregistrements. Jouer. Faire de la musique encore.
Gaël : de bons concerts avec Clément aussi. Il s’est beaucoup investi pour apprendre les morceaux.

Les Tambours du Bronx et Reuno en mode WOMP

Découvrir les coulisses d’un concert, c’est comme braver un interdit. On ne sait pas trop si on a le droit d’être là, alors on se fait tout petit pour ne pas gêner… et on profite du moment. Mais comment retranscrire sur papier ce qui se passe en backstage ? Quels éléments retenir pour écrire un article ?
Traiter l’aspect technique peut se révéler compliqué. Le matériel, les balances, la sonorisation… Pour s’atteler au sujet, il faut s’y connaître et être capable de vulgariser ses propos. Ce n’est pas à la portée de tout le monde… Reste l’ambiance. Traduire l’atmosphère avant un show est sans doute la meilleure approche. Mais là encore, ce n’est pas si simple… Raconter cet instant de flottement avant l’arrivée sur scène est hasardeux. Rendre compte de l’état d’esprit des musiciens, savoir ce qui les pousse à se dépasser soir après soir… Rien de cela n’est visible de l’extérieur. Tout se passe à l’intérieur du groupe et le badaud est bien incapable d’interpréter quoi que ce soit. Pour ne pas commettre d’impairs, la meilleure solution reste l’échange. L’interview est inévitable…. mais encore faut-il l’obtenir…
Les Tambours du Bronx ont accepté de se prêter à l’exercice lors de leur passage à Rennes. Présents depuis plus de trente ans sur la scène française et internationale, ces percussionnistes urbains se sont fait un nom. Véritables orfèvres, ils orchestrent des show à l’énergie brute. Des cogneurs, qui une fois lancés, ne lâchent rien ! Pour faire vibrer les bidons, pas moyen de tricher : le geste est ample, le visage est expressif… Ils mettent du cœur à l’ouvrage sans jamais faiblir. Une recette imparable qui rend leur jeu unique. Ce vendredi 5 avril, vers 18h30, ils terminent les balances. De nouveaux instruments trônent parmi les bidons : guitare, basse, batterie… Les Tambours du Bronx sont en mode WOMP : un projet Metal qu’ils portent depuis l’été 2018. Sorti le 19 octobre, l’album aux accents Indus prend toute son ampleur en Live : un son puissant couplé à une musique efficace. À aucun moment, la rage n’est contenue : au contraire, elle est portée par des textes engagés qui répondent comme un écho à l’énergie des bidons. En ces temps où la prise de risque se raréfie, l’approche est audacieuse ! Une véritable bouffée de créativité qui prouve que se réinventer a du bon. À moins de deux heures de l’ouverture des portes, certains musiciens peaufinent leurs réglages, d’autres se posent dans les loges… Pas mal d’allers et retours dans les couloirs : le batteur Franky Costanza – Dagoba, Blazing War Machine –, s’arrête pour saluer et discuter avec les gens de passage. Une partie des membres du groupe Flayed – qui assurent la première partie – font de même. La horde n’est pas encore lâchée mais elle est déjà dans l’ambiance du concert de ce soir. Quatre d’entre eux ont accepté de répondre à une dizaine de questions : Dom – qui passe à la guitare sur WOMP –, Will – aux Tambours – M’sieur Reuno au chant – Lofofora, Mudweiser, Madame Robert – et un invité surprise, Luc – aux Tambours –. Installés sur des flight-cases, l’interview commence en haut des escaliers du Liberté. Juste avant l’arrivée du public, l’instant semble assez irréaliste… et il l’est. Une parenthèse d’une trentaine de minutes avant l’effervescence.

1 – Comment se vit un partage de scène avec Sepultura ? Travailler avec eux a-t-il été l’élément déclencheur pour faire un album Metal ?
Dom : être sur scène avec eux, c’est une énorme claque. Sepultura, c’est violent mais Les Tambours aussi, alors les deux ensemble… Sur scène, on ressent vraiment toute cette grosse énergie. C’est quelque chose ! On a fait pas mal de dates avec eux, que des gros festivals.
Will : on a joué en Allemagne, au Portugal, au Brésil, à New-York…
Dom : ouais, et c’est vrai qu’en réfléchissant à un nouveau spectacle, on s’est dit pourquoi pas Metal ?

2 – Les Tambours, Reuno (Lofofora), Franky Costanza (Blazing War Machine, Dagoba), Stéphane Buriez (Loudblast)… Je ne les cite pas tous mais il y a du beau monde. Qui a eu l’idée de réunir tous ces excellents musiciens ?
Dom : Tout est parti d’une blague… Il y a quelques années, on avait dit à Franky « si tu t’emmerdes chez Dagoba, viens avec nous. » On s’est retrouvés plus tard et une fois qu’il a accepté le projet, on a contacté Reuno qui a proposé à Stéphane Buriez de nous rejoindre.
Reuno : je leur ai dit que j’étais pas dispo mais que je me débrouillerai pour l’être. J’avais envie de leur écrire des chansons, de bosser avec eux… Si j’avais refusé, je l’aurais regretté. Mais avec mes autres projets, je savais que je ne pourrai pas assurer toutes les dates, j’ai donc proposé un binôme avec Stéphane Buriez (Loudblast). Renato (Trepalium, Flayed) nous a rejoint aussi tout récemment au chant. Il sera d’ailleurs là ce soir.

3 – Les compos de l’album regorgent d’influences différentes. Un mélange qui sonne Metal, Punk, Rock et même Indus. Qui a posé les premiers jalons des compositions ? Comment s’est organisée cette phase de création ?
Dom : chez les Tambours, on écoute de tout. Niveau âge, le plus jeune a 25 ans et le plus vieux 60 ans. On représente tous des générations différentes et on se nourrit des influences de chacun. Pour ce projet, on est quelques Tambours à être passés à la guitare. On a commencé à composer de notre côté et les textes ont suivi avec Reuno et Stéphane.

4 – Voix, basse, guitare, batterie et pas mal de tambours… En studio, comment on obtient ce son limpide et puissant à la fois ?
Dom : on a tout bossé à la maison, dans notre propre studio. À force, on commence à avoir l’habitude d’enregistrer les bidons, on cherche à garder l’énergie même si on sait que ça ne sera jamais comme sur scène. Le mixage a aussi était très important, on a travaillé avec Hk Krauss (Vamacara Studio).
Reuno : avec Buriez, on a couché toutes les voix en deux jours. Tout s’est fait très simplement.

5 – Comment travaillez-vous avec Franky Costanza ? Face à une telle masse rythmique, est-ce à la batterie de s’adapter ?
Will et Dom : oui, clairement.
Dom : il s’est beaucoup remis en question. Il a su s’adapter, jouer avec les bidons en simplifiant son jeu. Il ne charge pas son jeu, n’en fait jamais trop… Il s’est parfaitement intégré aux Tambours.
Reuno : son jeu groove vraiment sur cet album.

6 – Reuno, comme dans Lofo, les textes percutes. Des mots engagés mais toujours emprunts de poésie. La société t’inspire mais as-tu des noms d’auteurs et/ou de musiciens qui t’ont aidé à façonner ton écriture ?
Reuno : je suis un peu old school… Le Professeur Chauron, Jean-Yann, Coluche… Claude Nougaro aussi. C’est un mec qui arrivait à faire des textes très percutants, le son des mots compte chez lui.

7 – Reuno, même dans tes reprises, l’interprétation est habitée. La force des textes est-elle le secret ?
Reuno : il faut le jouer à fond. Le studio, c’est comme le cinéma mais la scène, c’est comme le théâtre. Les gens doivent comprendre tout de suite l’interprétation.

8 – Au Motocultor, vous avez fait une prestation qui a scotché tout le monde. À aucun moment l’énergie n’était contenue. Derrière les fûts, Franky parle de « horde » et vu du public, c’est clair que la horde est bien là. Est-ce que vous abordez vos presta sur les plus petites scènes de la même façon ?
Dom : peu importe la scène. C’est la marque des Tambours ! On ne peut pas se freiner. L’identité des Tambours, c’est le côté horde. On ne fait qu’un avec le bidon.
Reuno : se freiner, ça serait comme courir au ralenti.
Luc : il faut penser puissance. Toujours.
Will : tu ne sais jamais comment va terminer le concert. On est épuisés mais on continu, on se soutient les uns, les autres.

9 – Vous êtes des musiciens libres. Garder son indépendance passe-t-il par une part de Do it yourself ?
Dom : oui et non. Il y a forcément un peu de DIY, c’est le secret de notre longévité et c’est vrai qu’on a pas mal gardé le contrôle même si on est entouré de professionnels. Mais je te dirai qu’aujourd’hui c’est de plus en plus compliqué d’être seuls.

10 – Se réinventer, un adage qui vous correspond ? Pouvez-vous nous parler de vos projets parallèles ?
Reuno : plus je vieillis, plus j’ai envie de créer. Le Rock est bien pour ça, c’est pas une musique confortable, ça nous pousse à aller vers de nouveaux challenges et artistiquement, ça me remplit. Le projet des Tambours me plaît mais j’ai aussi mon groupe de stoner Mudweiser (il montre son T-shirt). Je prépare aussi les textes du 11ème album de Lofofora. Et plus récemment, il y a Madame Robert.
Dom : on a toujours notre spectacle classique. On est en train de le revisiter : on revient avec un son plus percussion, toujours avec Franky mais avec un stand percu-électro cette fois. On a aussi un autre projet avec Will.
Will : je suis aussi batteur dans un groupe avec Dom mais là, on a pas le temps de bosser dessus. On espère y revenir dès qu’on pourra.
Dom : on travaille avec Apolline. C’est elle qui est au chant sur l’album pour la reprise de Prodigy.

11 – Un combat/un engagement qui vous semble prioritaire aujourd’hui ?
Reuno : l’environnement. Que les gens se responsabilisent et qu’ils arrêtent d’acheter de la merde. On a tous des enfants, il faut penser à la planète qu’on leur laissera. C’est la priorité.

12 – Deux noms de groupes et/ou de musiciens que vous écoutez toujours ?
Dom : oh, c’est compliqué comme question. Il y en a trop ! Là en ce moment, s’il faut t’en donner un, je dirai Prong mais j’écoute vraiment plein d’autres groupes. J’aime aussi beaucoup le Crossover mais on a une culture musicale très variée chez les Tambours, alors je pourrai te citer plein de styles et de références.

Denis Barthe

Rennes, vendredi 7 décembre 2018. De la pluie, du vent… et des passants qui courent pour s’abriter. Pas de chance… l’heure tourne et le mauvais temps redouble. Et puis, sans prévenir… l’éclaircie arrive. C’est le moment d’en profiter ! Le QG des Bars en Trans n’est pas loin… Situé sur une voie parallèle à la rue de Brest, l’endroit est discret : une façade grise, des gens qui discutent dans une arrière cour mais pas plus d’indication. C’est à l’intérieur, que tout se précise : avec une émission de radio en direct, un concert et des interviews, il règne ici une cacophonie organisée. Un rapide coup d’œil, un renseignement à la borne d’accueil… Ouf.. The Very Small Orchestra n’est pas encore là. Il n’y a plus qu’à attendre.
Vers 16h00, les musiciens font leur entrée et ils n’ont de small que le nom. Ils sont six et parmi eux, des visages connus : Vincent Bosler (The Hyènes…), Kiki Graciet (Niko EtxartCalvin Russell…) et bien sûr Denis Barthe (Noir Désir, The Hyènes, Mountain Men…). À peine arrivés, ils prennent place derrière les micros de C Lab et de Radio Campus Paris. Les questions des chroniqueurs défilent et d’emblée, le ton tranche avec le groupe précédent. Les musiciens sont plus francs, plus instinctifs… sans artifices. Leur musique, ils la définissent comme rock, presque cinématographique. Entre deux blagues, ils expliquent qu’ils sont allés là où on ne les attendait pas : « au départ, il n’y avait que Kiki et moi et puis, c’est devenu une grosse blague. On s’est dit, on invite des potes à faire un album et pourquoi pas faire un concert de temps en temps avec tous les gens qui ont participé et ça s’est développé comme ça », explique Vincent Bosler. « C’est la cour de récréation (…) oui, on se permet tout ce qu’on se serait pas permis dans nos groupes respectifs. (…) on est en mode Do it yourself et je ne devrai pas le dire mais jusqu’au troisième album, on avait pas une répète au compteur. On montait sur scène, on jouait et c’est ce qui plaisait à tout le monde », ajoute Denis Barthe. Et il est clair que quand on les voit sur scène, l’expérience est indéniable ! Avoir suffisamment de bouteille pour être capable d’improviser devant un public, c’est ce à quoi aspire tout bon musicien et ils le font. La liberté… et la musique comme acte politique, Denis Barthe est le premier à relever ces engagements : « on habite un pays où sur les mairies, il y a noté liberté, égalité, fraternité… ça commence par liberté et tous les jours, on t’en éteint une petite. » Des mots qui font sens et que le batteur clame depuis presque quarante ans. Avec Noir Désir, il s’exprimait déjà sans filtre : un franc-parler devenu presque militant dans la France d’aujourd’hui. Une façon d’être qui transparaît jusque dans son jeu de batterie… Précise, claire : sa frappe est sans concession et ses plans toujours justes. Une réelle identité rythmique qui colle parfaitement à The Very Small Orchestra et The Hyènes… et qui marquera à jamais les mémoires dans Noir Désir. Avec beaucoup d’honnêteté et de simplicité, il a accepté de répondre à quelques questions. Un moment volé entre deux interviews…

1 – La rencontre avec la batterie, un heureux hasard ?
J’ai rencontré mes potes dans une fiesta. J’ai discuté avec Serge en premier et il m’a montré un mec plus loin, c’était Bertrand, il m’a dit on va monter un groupe ça te brancherait ? J’ai répondu oui. C’est comme ça que le groupe a commencé. J’avais jamais touché à une batterie, je n’ai rien dit, j’avais envie au moins d’essayer. Je me suis entraîné comme un fou pendant quinze jours sur un kit acheté d’occasion et à la fin de notre première répète, Serge m’a dit « tu connais Highway to Hell » et là encore, j’ai répondu oui, on à terminé par ça je ne savais pas que c’était parti pour trente ans. Après, j’ai aussi la chance d’avoir un frangin qui aime la musique, ça m’a rendu curieux. Il jouait de l’orgue, avait aussi une belle collection de vinyles et ça a compté dans mon adolescence.

2 – Vous avez une frappe précise, percutante. Est-ce le fait d’avoir intégré tout de suite un groupe qui vous a permis d’acquérir une telle efficacité ?
Intégrer un groupe, ça aide. J’aime pas bosser seul. Je travaille si possible au moins avec un bassiste ou un guitariste. Quand je suis en solo, c’est pour travailler une technique précise ou un plan que j’ai en tête. Je peux aussi dire merci à deux producteurs : Ted Nicely et Ian Broudie qui m’ont beaucoup apporté. À la base, je suis un autodidacte et en bossant avec eux, ils m’ont poussé là où je ne serai peut être jamais allé. J’ai beaucoup appris, notamment à jouer avec le clic, à l’anticiper et contrôler ma frappe.

3 – Deux mots pour décrire un bon batteur ?
Quelqu’un qui sait avant tout écouter, qui a bien sûr du feeling mais aussi de l’instinct. Même avec une bonne technique, si tu ne transmets pas les bonnes sensations, ça ne donnera rien d’intéressant. 4 – Le matériel, c’est important pour vous ? Sur quoi jouez-vous ? Le matériel c’est du plaisir et il faut surtout trouver le kit qui te correspond. J’ai entre autre une Pearl, la même depuis 1996. Je suis surtout habitué à cette batterie, j’ai mon propre réglage et elle me convient parfaitement.

4 – Le matériel, c’est important pour vous ? Sur quoi jouez-vous ?
Le matériel c’est du plaisir et il faut surtout trouver le kit qui te correspond. J’ai entre autre une Pearl, la même depuis 1996.  Je suis surtout habitué à cette batterie, j’ai mon propre réglage et elle me convient parfaitement.

5 – Quel type de musicien vous inspire ?
Je suis attaché aux gens qui toute leur vie tracent le même sillon en essayant de le faire le mieux possible Des gens qui vont au bout des choses : les perfectionnistes.

6 – Si je vous dis Tostaky ?
Un grand souvenir. Un grand moment, et un grand virage aussi… On savait qu’il n’y aurait pas de Tostaky 2 on était allé au bout de quelque chose, ce qui allait suivre serait forcément différent.

7 – Dans vos concerts, vous aviez l’habitude de ne jamais faire la chanson Tostaky de la même façon.
On avait des approches différentes dans l’instant, c’est ce qui nous plaisait, la liberté de faire à toujours été vitale.

8 – Si je vous dis Les Têtes Raides ?
Ce sont des amis. Un très beau souvenir et une grande fierté d’avoir produit l’album Fragile. On les a connu en collaborant sur la chanson L’identité, nous avons tous bossé ensemble comme des vieux potes que nous n’étions pas encore et que nous sommes devenus.

9 – Quel souvenir gardez-vous de votre rencontre avec Alain Bashung ?
C’était quelqu’un d’infiniment gentil. Discuter avec Alain Bashung, c’était comme se balader dans un jardin luxuriant. C’était à la fois quelqu’un de très simple et un véritable artiste en recherche d’absolu, en un mot La classe.

10 – L’engagement faisait partie de l’identité de Noir Désir et vous n’étiez pas le dernier à vous exprimer. Aujourd’hui, qu’en est-il ? Quel est le combat qui vous semble prioritaire ?
Aujourd’hui, on devrait se battre avant tout pour la liberté, elle perd du terrain chaque jour. Le problème, c’est que le manque de solidarité gagne du terrain et l’individualisme ne mène à rien.

11 – Quand Albert Dupontel vous a contacté pour composer la B.O. de son film Enfermés Dehors. Avez-vous accepté tout de suite ? Comment s’est traduit l’exercice ?
Il m’a téléphoné pour me dire que le thème de son film était plutôt rock’n’roll et qu’il aimerait que nous bossions ensemble. A ce moment-là, il m’a vraiment redonné envie de jouer de la musique. On a travaillé en studio chez moi avec Jean-Paul Roy et Vincent Bosler directement à l’image, avec Albert. Il nous a dit ce qu’il voulait sur telle ou telle scène, on proposé des choses et le boulot s’est engagé. The Hyènes est né suite à la suite ça et le nom du groupe fait clairement référence à la scène culte de Bernie.

12 – Avez-vous envie de travailler avec d’autres réalisateurs ?
Oui, on a déjà travaillé sur un court-métrage qui s’appelle Desperadiou, on joue dedans, un hasard et des rencontres. On est ouvert à ce genre de propositions, c’est super intéressant.

13 – Le groupe The Hyènes, encore un heureux hasard ?
Oui en quelque sorte, une rencontre d’éléments incontrôlés et incontrôlables, on prépare un nouvel album, sortie et tournée en 2020

14 – Des groupes que vous écoutez en ce moment ?
Pogo Car Crash Control, Delgres, Gunwood et je réécoute aussi RL Burnside ces temps-ci.

15 – Un souhait pour les années à venir ?
Qu’on essaie tous d’être plus heureux, ça peut paraître con mais au fond qu’il y a t-il d’autre d’important ?